Aux plaisirs embrumés d'un chemin escarpé 

J'offrais sans concession un doux et long regard

Sur des ombres farceuses qui dansaient au hasard 

En s'enroulant aux branches d'un vieux chêne délaissé.

 

Il me semblait voir souffrir la dure écorce 

Telle une main calleuse desséchée et sans force.

L'ancêtre des sous bois complice d'un vent taquin

Se courbait élégamment à des frissons sans fin.

 

Je m'invitais à la danse sauvage et tactile

Étourdi par les pas d'une valse bucolique.

Le paysage tournait sans note de musique 

Épuisé ,je tombais au pied d'un arbre gracile.

 

Je restais étendu jusqu'au lever de lune.

Mes doigts effleuraient un peu de mousse brune

Qui poussait à l'abri d'un tronc imaginaire.

J'étais si étonné de l'accalmie précaire.

 

soudain,brutale,telle l'envolée symphonique 

Je fus soulevé dans un tourbillon brûlant 

Au delà des cimes comme un être héroïque

Jouant avec Eole, je brisais mon carcan. 

 

Libre de mes chaînes ,je remerciais grassement 

Les anges de la forêt de m'avoir invité 

A partager avec moi la complainte du vent

Instant gracieux,magique pour toute l'éternité.

 

    02 novembre 2017